Combien d’histoires se sont racontées dans l’intimité des esprits ce samedi soir à l’Octogone de Pully, on ne le saura pas. Malgré une salle modestement remplie, elles doivent se compter par centaines les histoires sous les percussions de Burhan Öçal. Rien que dans sa tête à lui, malin comme un singe, seul sur scène avec une armada de percussions, on se doute bien que ça crépite. A peine moins qu’au bout des doigts, qui martèlent le marathon rythmique, tandis que le bohomme joue la gaucherie timide, un peu surpris d’être au centre de tant d’attention attendrie. Sous ses airs de grand enfant quiquagénaire, moitié maffieux moitié ascète, c’est pourtant un maître délesté de toute solennité qui glisse sa virtuosité polymorphe sous l’amusement.
Qui dans les rangs aura entendu des batailles de troupes ? qui aura surpris des révélations organiques de stéthoscopes, suspecté des glissement de crotales ou des réveils de volcan ? ou vu des caravanes de passage glisser jusque dans la profondeur d’une mer et croiser des baleines ?
Entre deux, Burhan Öçal ménage des escales paisibles, sortant de sa manche un oud ou sa variante à long manche, le tanbur, pour chanter dans le noir une de ces vieilles chansons d’amour survivantes de l’empire ottoman... Preuve que Burhan Öçal est un show man aguerri, capable de réduire une heure et demi de frappe à un instant de magie. (...)
Le temps
De sa palette magnifique d’instruments, le percussioniste a fait jaillir la musique traditionnelle turque. Ses coups étaient maîtrisés à la perfection grâce à une agilité digitale impressionnante et une inventivité sans bornes. (...)
Le Courrier de l’Ouest
Passées les Dardanelles, traversée vent en poupe, la mer de Marmara, cap sur la mer noire, il peut arriver que remontant le Bosphore d’Istanbul aux mille et un minarets vous parviennent les échos d’une lancinante et vigoureuse musique aux ardeurs ottomannes...
Instrumentiste avant tout, Burhan Öçal ne voyage pas sans un bel assortiment de cordes et de peaux. Passant de l’un à l’autre, du pincé au frappé, du chant au commentaire, il compose une mosaïque dont les tons sollicitent le goût de son public européen pour une tradition musicale différente, typique et indépendante, celle d’une contrée de passage entre l’Orient et l’Occident : la Turquie. La voix est chaude, le geste précis, la mélodie monodique, libre de structure harmonique et que l’interprète a choisi d’enrichir à son gré, sans contrainte. (...)
Nice Matin
